Café-débat : Y a-t-il un désamour entre les Français et la nature ?

Vendredi 28 mars 2019 – de 18 h 45 à 21 h

Lieu : restaurant Alsacien, 6 rue Saint Bon, 75004 Paris, Métro Hôtel de Ville ou Châtelet. Entrée gratuite – (une consommation obligatoire). Nombre de places limité. Ouvert aux non adhérents Pour plus d’informations, télécharger le carton d’invitation (pdf, 1 Mo) ou consulter le site de l’AFIE.

« Les Français sont indifférents à la nature et à sa protection ». Ce lieu commun, que l’on entend souvent depuis plus d’un siècle, n’est sans doute pas faux si l’on se réfère aux indicateurs de l’état de la biodiversité et des écosystèmes de notre pays… Il est facile de répertorier de très nombreuses différences entre l’attitude de nos compatriotes vis-à-vis de la nature et celle de nos voisins germanophones et anglophones, dès lors que l’on parcourt l’histoire de la littérature, des sciences naturelles, de l’édition consacrée à la nature, de la chasse ou encore de la protection de l’environnement. Mais la particularité française à l’égard de la nature doit être interrogée avec soin afin d’éviter les fausses interprétations. Valérie Chansigaud adopte une démarche originale en contextualisant l’histoire du rapport à la nature tel que vécu en France métropolitaine et en explorant le rôle joué par l’urbanisation, la ruralité, la géographie de l’industrialisation, la place des élites, la valorisation de la culture scientifique, l’exigence démocratique et la représentation des citoyens, etc. Cette approche permet alors de mieux comprendre de ces phénomènes et d’éviter les conclusions hâtives sur le rôle mis en avant du catholicisme ou du cartésianisme par exemple. Cette démarche comparative établit un constat essentiel : si l’on estime que la clé de la sauvegarde de la biodiversité et des écosystèmes se trouve dans l’éducation, alors la nature est certainement plus aimée et plus étudiée au Royaume-Uni ou en Allemagne qu’en France, ce qui n’empêche pas pour autant que la biodiversité et les écosystèmes de ces pays ne soient pas en meilleur état que dans le nôtre. Qu’interroge l’exemple français en matière de gestion politique des questions environnementales ? Ne faut-il pas repenser la question de la protection de la nature en la reconnectant avec celle du progrès social ?