Valérie Chansigaud

Histoire, culture et environnement

Enfant et nature (sommaire)

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8 septembre 2016
Delachaux et Niestlé
26 cm x 26 cm – 240 p.

9 questions sur la relation entre enfants et nature

Enfant et Nature propose une lecture originale de trois siècle d’œuvres pour la jeunesse. Ce beau livre n’est ni une chronologie ni une encyclopédie, mais il est une analyse des multiples aspects de la relation à la nature tels qu’observables dans les livres ou les films destinés aux enfants. De nombreux exemples et une iconographie exceptionnelle viennent illustrer cette histoire culturelle d’une grande originalité.

L’enfant, un naturaliste en herbe ?

Depuis la Renaissance, les animaux et la nature sont omniprésents dans les livres de pédagogie : on utilise des animaux dès les premiers apprentissages du vocabulaire élémentaire. Le recours à la nature dans les manuels cherche avant tout à l’acquisition d’une culture générale tandis que l’éducation véritablement naturaliste se heurte à de nombreux obstacles.

Quels rapports entre la science et l’imagination ?

Depuis toujours, l’histoire naturelle nourrit l’imagination des auteurs et des illustrateurs, y compris ceux qui s’attachent à décrire un monde fantastique. L’imagination constitue souvent un frein dans l’intérêt pour la nature en oblitérant ses caractéristiques réelles, d’autant que le poids des préjugés culturels conduit à des représentations stéréotypées.

Quelle frontière entre enfant et animal ?

On affirme très souvent que la culture européenne se caractérise par la séparation absolue entre l’être humain et les animaux, mais l’étude des œuvres pour la jeunesse démontre que la différence entre l’enfant et l’animal est infiniment plus complexe et subtile, notamment parce que le rapport à l’animal est un élément fondamental de la construction de l’enfant.

Quel rôle a la mort lorsqu’on parle de nature ?

La mort fait l’objet d’un traitement très ambivalent dans les œuvres traitant de la nature et des animaux. La chasse fournit un bon exemple de l’évolution des représentations culturelles : longtemps très valorisée, la chasse est vivement contestée au XXe siècle comme le montre le célèbre Bambi, tandis que la mort des animaux d’élevage est totalement oblitérée.

Quelle place ont les enfants dans la nature ?

On a longtemps présenté l’être humain comme le centre du monde, en invitant toujours les enfants à se conduire comme des adultes généreux et responsables. La place de l’enfant dans la nature est en définitive celle qu’on souhaite lui voir occuper au sein de la société, d’où l’importance des clichés sociaux présents dans les œuvres pour la jeunesse.

L’avenir de la nature dépend-il de nos enfants ?

On sous-estime souvent le poids de la culture dans l’appréciation de la nature ou dans notre relation aux animaux. Les œuvres pour la jeunesse traitant de la nature montrent un curieux désintérêt pour les questions sociales, ce qui constitue un sérieux handicap pour justifier la nécessité de la protection de la nature et des animaux.

Le lien entre enfant et nature est-il rompu ?

On déplore souvent la perte de contact entre l’enfant et la nature, mais est-ce vraiment le cas ? Il faut dépasser les clichés (l’enfant ne sait plus reconnaître les animaux de la ferme) pour comprendre la complexité de ses liens avec la nature et les animaux et le rôle essentiel qu’ils jouent dans la construction de la personnalité de l’enfant.

Filles et garçons, égaux devant la nature ?

Les œuvres traitant des animaux et de la nature n’échappent pas aux préjugés ambiants. Pendant longtemps, la cruauté était présentée comme l’apanage des garçons tandis que la commisération envers les animaux était le propre des filles. Celles-ci, bien que plus facilement effrayées ou dégoûtées par certains animaux, se montrent aussi plus tolérantes.

Comment les animaux peuvent-ils servir la morale ?

Les premiers livres spécifiquement conçus pour la jeunesse du XVIIIe siècle véhiculent des discours moraux ayant souvent recours à des animaux sauvages ou domestiques. Les pédagogues considèrent que la sensibilisation des enfants à la souffrance animale permet d’en faire de meilleurs adultes, plus respectueux d’autrui.

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