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3 octobre 2019 à 8 h 45

Chronique d’Hervé Gardette

Et si la littérature française avait contribué à nous éloigner de la nature ?

On attribue à Michel Audiard cette sentence, définitive, à propos de la campagne : ‘’à la campagne, le jour on s’ennuie, la nuit on a peur’’. Une telle assertion est évidemment fausse : on y a peur, aussi, le jour (souvenir personnel d’attaques d’insectes en tous genres et de chutes à vélo dans les orties)

Audiard, le parolier franchouillard du 7e art, est en tout cas crédible en tant qu’auteur de cette formule. Car les Français n’aiment pas la nature. Au mieux, ils s’en désintéressent, au pire, ils la méprisent.

C’est l’objet d’un ouvrage publié en 2017, chez Actes Sud, par Valérie Chansigaud : ‘’Les français et la nature. Pourquoi si peu d’amour ?’’ L’historienne des sciences et de l’environnement part du constat que ‘’les Français manifestent non seulement un intérêt plus faible pour la faune et la flore’’ que leurs voisins germanophones ou anglophones, ‘’mais ils se sont montrés moins efficaces pour faire émerger des mouvements sociaux de protection des animaux et de la nature’’.