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2 novembre 2019 à 12 h 00

Entretien avec Hervé Gardette

Toujours plus nombreuses, les mobilisations citoyennes pour le climat indiquent un intérêt grandissant pour la question climatique. Mais elle reste souvent une simple variable d’ajustement en période électorale. Comment expliquer ce paradoxe ? Le défaut est-il d’origine politique ou culturelle ?

Si les questions environnementales furent dramatiquement absentes de la dernière campagne présidentielle en 2017, elles devraient au contraire s’imposer lors des prochaines municipales, au moins dans les grandes villes. Place de l’automobile et des mobilités dites « douces », espaces végétalisés, pollution atmosphérique : autant de sujets de préoccupations locales qui, à n’en pas douter, figureront sur les professions de foi des candidats.

C’est dans ces grandes zones urbaines en déficit de nature que le vote écologiste recueille ses meilleurs scores. Comment expliquer ce qui a les allures d’un paradoxe ? Peut-être parce que, comme l’écrit Valérie Chansigaud : « les citoyens français sont convaincus d’être sensibles à l’environnement, du moment que cette question reste lointaine et théorique ».

Il y a quelques semaines, dans Les Matins de France Culture, Alain Finkielkraut faisait le constat d’un appauvrissement du vocabulaire, d’une perte de la dimension esthétique et poétique de l’écologie : « la nature disparait au profit de la biodiversité et des écosystèmes, les paysages au profit de l’environnement ».

C’est peut-être cette approche très théorique qui peut expliquer la difficulté de transformer la question de la protection de la nature en véritable enjeu politique. La défense de l’environnement est pourtant bien de cet ordre, un défi « profondément démocratique ».