Histoire, culture et environnement

Araignées

Couverture du premier numéro de la revue Pénélope

Pénélope, revue consacrée aux araignées

Rien ne me destinait à passer autant de temps avec les araignées.

Tout dans la nature m’intéressait, mais c’est presque par accident – et la Société linnéenne de Lyon y a joué un grand rôle – que je suis venue aux araignées. J’y ai découvert deux choses : de solides préjugés, des peurs parfois considérables, et, dans le même mouvement, une ignorance profonde de leur diversité et de la complexité de leur mode de vie. J’ai eu le sentiment d’une véritable injustice. Et je n’aime pas l’injustice.

J’ai donc créé une revue qui leur était consacrée. Pourquoi Pénélope ? Parmi les marraines possibles – il y avait aussi Ariane et son fil –, Pénélope l’a emporté : elle défaisait la nuit la tapisserie qu’elle avait tissée le jour, à la manière de certaines araignées orbitèles qui détruisent leur toile, la mangent  (ce que Pénélope, elle, ne faisait pas), puis la refont.

Fabriquée avec de petits moyens, dans ma cuisine, la revue a connu un succès que je n’attendais pas : la plupart de ses 21 numéros ont été imprimés à plus de 500 exemplaires, avec plusieurs centaines d’abonnés. Moi qui pensais toucher dix ou vingt personnes ! Au fil des livraisons, elle a exploré la biologie et l’écologie des araignées et des autres arachnides, mais aussi des sujets comme l’arachnophobie. Le temps qu’elle exigeait a fini par devenir trop lourd, et j’ai dû m’y résoudre : l’abandonner.

À force de m’écouter, bien des gens ont fini par regarder les araignées autrement et j’espère que certaines ont été sauvé grâce à moi. Un jour, une collègue m’a lancé, mot pour mot : « J’ai vu une horrible araignée, j’ai pensé à vous. » Je n’ai jamais su comment le prendre.

Les araignées auront joué un rôle inattendu : elles m’ont sensibilisée à la notion de préjugés : une notion qui occupera une place considérable dans le travail de toute une vie.

Je ne suis pas pour autant une passionnée d’araignées : elles m’intéressent autant que le reste de la nature, ni plus ni moins. Depuis, elles n’ont jamais quitté mes livres ni mes conférences, et leur extraordinaire diversité me fascine toujours autant.

À voir ou à écouter

Le premier numéro de la revue “Pénélope”

Galerie des araignées

Les conférences

Les petites bêtes sont formidables ! 3/4